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SANS ARMURE NI MUR

Le jour où je l’ai rencontrée, en un regard , elle m’a touché.

Mot après mot, elle a su m’enlever cette armure en acier que j’avais mis si longtemps à forger. Elle est venue me chercher derrière ces murs que j’avais placés, et que je m’interdisais de franchir, car trop souvent, j’avais été blessé.

J’avais renoncé à me battre et je préférais rester dans cet espace clos, mais en sécurité.

Peu à peu, elle a su me donner confiance, elle m’a appris à me libérer.

Depuis longtemps, je m’interdisais de laisser parler mon cœur, je ne le laissais s’exprimer qu’à de rares moments. Et là, sans même s’en rendre compte, je suis sorti de ma grotte, j’ai commencé à lui avouer ce que j’étais. Je lui ai montré toutes les facettes qu’il y avait en moi. Je crois que je ne me suis jamais senti aussi libre de parler. Tous les sentiments se sont mêlés et je me suis vite retrouvé dans l’incapacité de les garder pour moi.

J’aurais aimé pouvoir le hurler sur les toits. Bien-sûr je craignais qu’elle ait peur, mais j’avais encore plus peur qu’elle ne me croit pas. Alors j’ai ajouté aux mots les actes, plutôt que de parler, je lui ai montré de quoi j’étais capable. Je savais que les gestes seraient plus parlants que tous les textes et les discours que je pouvais tenir.

Puis, est venu le temps où c’était à moi de l’aider à se libérer, je lui avais donné ma confiance, et il fallait qu’elle m’accorde la sienne. J’ai tenté d'apporter des solutions à tous ses problèmes, travail, maison, amis etc… mais là , les difficultés ont commencées. J’avais beau lui offrir toutes les solutions possibles, je ne pouvais pas prendre les décisions à sa place.

Celle qui m’avait libéré de la prison dans laquelle je m’étais enfermé, refusait de sortir de la sienne, malgré les clefs que je lui tendais. Ce dont elle ne se rendait pas compte c’est, que plus elle s’enfermait, plus elle m’enfermait, moi aussi, avec elle. J’avais connu pendant trop longtemps l’isolement volontaire et j’étais trop libre maintenant pour accepter une amitié, elle avait libéré un monstre fou d’amour, qui, sous aucun prétexte, ne voulait se retrouver derrière les barreaux d’une amitié.

Alors j’ai brisé mes chaînes, comme pour l’inspirer par mon exemple, et pour lui montrer une ultime fois que j’avais du courage.

Je ne sais ce que l’avenir nous réserve. Mais, comme a dit si justement Nelson Mandela : « je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends. »

Aujourd’hui j’ai appris à me libérer, à me montrer nu et cru, sans armure ou mur pour me protéger. Je suis assez fort pour encaisser et me relever, je n’ai plus besoin de me cacher, je suis ce que je suis, je suis comme je suis, avec mes peurs et mes faiblesses, mais avec mes forces et mon courage. Je n’ai plus peur de me montrer au grand jour et de mettre mon cœur à nu, car il est vaillant, et quoi qu’il arrive, il se relèvera. Aujourd’hui je fais enfin face à mes sentiments.

 

Laurent Nagel 6/1/2014